
Pour de vrai
14 janvier 2025
Être un générateur d’intelligence collective
14 janvier 2025De l’égo à l’éco ou dit autrement, de l’intelligence à la sagesse
Pour une organisation, évoluer du niveau de conscience égo à éco, c’est passer de l’intelligence collective à la sagesse partagée.
On peut être intelligent sans sagesse. Ils sont nombreux les leaders qui ont du succès grâce à leur qualité de vision du marché et leur intuition des opportunités à venir.
S’il est évident que cette intelligence est inspirante, il est tout aussi clair qu’elle recèle en son sein un piège. Ce piège c’est l’arrogance d’un égo qui peut s’enfermer dans un schéma : « puisque je réussis, qui es-tu, toi qui n’as pas réussi aussi bien que moi, pour me dire que je peux/dois changer ma façon de voir, d’être ou de faire ? ».
Pour l’égo, la réussite confère un statut de supériorité. Cette croyance s’infuse ensuite dans l’organisation avec des schémas de type : « mon supérieur », « mon responsable », « mon chef ».
Ce type de succès, s’il est réel, relègue le bien commun au deuxième plan. La réussite économique et/ou sociale occupant la première place. C’est de ce monde que nous venons et qui nous a conduit vers les crises que nous connaissons.
Nous n’avons plus d’enjeu d’intelligence face à nous. Nous avons un enjeu de sagesse.
Et la sagesse à développer au sein des organisations n’est pas la sagesse himalayenne ou amérindienne. C’est une sagesse, qui, s’il elle peut s’inspirer des traditions ancestrales, est actualisée et ancrée dans les enjeux des organisations occidentales.
Et d’ailleurs, tout groupe constitué avec un minimum de but commun génère spontanément une forme de sagesse collective. Et à bien y penser, heureusement ! Cette sagesse collective, si elle est précieuse comme premier socle commun, a juste le défaut d’être plus implicite qu’explicite.
La sagesse dont on parle ici est une sagesse partagée. Elle est co-construite. Le travail consiste à définir ensemble le socle commun qui décrit la vision du marché adressé, la spécificité de l’offre et son apport au bien commun, ainsi que la philosophie avec laquelle l’ensemble est orchestré tant en interne qu’en externe.
Comme une boussole, ce socle commun permet à chacun de grandir en autonomie et au collectif de s’assurer qu’il est bien aligné avec la vision initiale. C’est LE référentiel interne.
Si les démarches qualité, sécurité, RSE font appel à des normes dictées par un organisme extérieur, le socle commun est un document élaboré en interne. C’est là toute la différence.
Par contre comme une démarche qualité est auditée, le respect du socle commun doit être assuré. En sagesse partagée, il est garanti par un comité interne dont la parole est écoutée par l’exécutif.
C’est peut-être là que se place le courage du leader : passer en mode éco et laisser de la place, non pas à son égo, mais à ce comité interne dont la responsabilité est d’être le témoin attentif et attentionné de cette sagesse partagée ?


